Pro de Santé ou Praticien·ne de Bien-être ?

Pour répondre rapidement à cette question, un·e ostéopathe n’est pas un·e pro de santé au même titre qu’un·e médecin, un·e sage femme / Maïeuticien, un·e Kiné ou un·e spécialiste, notre cursus en France n’est malheureusement pas intégré aux études de médecine, il se déroule au sein d’écoles privées devant respecter un cahier des charges précis afin d’obtenir leur accréditation.

Cependant l’ostéopathe se doit d’obtenir un Master en ostéopathie lui permettant de recevoir un numéro ADELI, numéro de praticien·ne délivré par les Agences Régionales de Santé (ARS). Ainsi la profession d’ostéopathe peut-être considérée comme une profession de la santé.

L’ostéopathe, ne rentrant pas dans la case des professionnels de santé, ne se verra pas intégré au système de remboursement de soins par la sécurité sociale car sa pratique n’est pas subordonnée ou conditionnée par une prescription médicale délivrée par un médecin quoique certaines professions comme les kinésithérapeutes ou les pédicures podologues se voient ouvrir un accès à des consultations de première intention.

Pour dépasser le débat de ce qu’est un·e professionnel·le de santé, au delà de sa forme juridique, ne devrions-nous pas questionner ce qu’est la santé ? La définition proposée par l’OMS évoque très bien la complexité de cette définition :

Définition de la Santé par l’OMS : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.« 

Surprise, l’OMS utilise la notion de bien être pour définir la santé, non pas de manière négative en invoquant une absence de maladie, mais bien de manière positive, comme le propose le philosophe Lennart Nordenfelt, comme un état pouvant être influencé tant par le corps, notre monde émotif, mais aussi notre situation sociale.

Alors l’ostéopathie peut-elle aider une personne à atteindre cet « état de complet bien-être » ? Vaste sujet ! La littérature scientifique en ostéopathie est pauvre, insuffisante. Certaines recherches suggèrent que l’ostéopathie améliore le bien-être des patients souffrant de douleurs chroniques (1), mais ces recherches n’atteignent que rarement les critères de qualité et de sélection imposés par la rigueur scientifique mettant en avant les méta-analyses et les essais randomisés contrôlés.

Il est donc certain qu’un·e ostéopathe ayant la prétention, par le biais de sa pratique seule, de rendre à une personne cet état de complet bien être, doit être questionné sur son éthique de soin. L’ostéopathie peut être considéré comme un rouage, un élément de la chaine, permettant aux patient·es d’améliorer leur état de santé, ainsi nous ne pouvons pas considérer que l’ostéopathie soit une profession de la santé si elle reste isolée des autres professionnel·les de la santé.

Cependant, nous pouvons considérer que l’ostéopathe respectant un code déontologique, travaillant avec d’autres professionnel·les et connaissant les limites de sa profession, peut aider une personne à un mieux-être tendant à une amélioration de sa capacité d’agir.

Pourquoi l’ostéopathie n’est pas remboursée par la sécu ?

Parce que nous ne sommes pas, en France, des professionnels de santé. D’accord, on l’a déjà dit, mais on s’y perd non ? Quelles en sont les raisons ?

L’ostéopathie, nous le déplorons, n’est pas régie par un ordre professionnel comme elle peut l’être en Angleterre ou dans d’autres pays. Bien que contraignant, un ordre professionnel impose une rigueur et une sens d’unité au sein d’une profession. L’absence de cette institution induit une grande variété de pratiques en ostéopathie

Ce problème reflète semble-t-il tant la disparité de l’enseignement ostéo en fonction des écoles, mais aussi une véritable scission au sein de la profession entre ostéopathes souhaitant tendre vers une pratiques basée sur la recherche scientifique, et celles et ceux restant attaché·es aux enseignements traditionnels de l’ostéopathie, qui sont, avouons le, plus basés sur des croyances que sur des preuves.

De quel côté sommes-nous ?

Vous l’aurez probablement deviné, tout du moins on l’espère. Notre pratique de l’ostéopathie s’éloigne des traditions pour tenter, autant que nous le pouvons, d’utiliser des techniques ayant été validées par la recherche, mais restons honnêtes, certaines de nos techniques ne sont pas, ou pas encore, prouvées. Nous portons donc une grande importance à l’éducation thérapeutique au cabinet ostéo de Lyon, et comme nous l’avons déjà dit, une grande attention à travailler de manière pluridisciplinaire afin d’éviter autant que nous le pouvons un retard de diagnostique ou une errance thérapeutique pouvant s’avérer dangereuse pour nos patient·es.

Références :

  1. https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/2055102918774684