La Douleur, prise en charge ostéo à Lyon

En tant qu’ostéopathes à Lyon, nous sommes très sensibles aux neurosciences de la douleur et nous formons régulièrement afin d’en comprendre les rouages. Ces connaissances nous rapproche de nos patient.es et de leurs perceptions douloureuses. Mais en fait, c’est quoi, vraiment, la douleur ? Avez vous déjà essayé d’analyser votre douleur, de la décrire avec des adjectifs précis ? Si cet exercice vous parait difficile, cet article risque de vous plaire.

DOULEUR : DÉFINITION

Commençons par décortiquer la définition la plus actuelle de la douleur, comme présentée par l’”IASP : International Association for the Study of Pain(1) : 

« la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes« 

Premièrement, nous voyons que l’interrelation entre sensations et émotions est claire, cette fois ce n’est pas nous qui le disons, c’est la science ! Il semble donc clair que notre état psychique, mental ou émotionnel a une influence sur la douleur ressentie. 

La seconde partie de la définition n’en est pas moins intrigante, on parle ici de lésion tissulaire “réelle ou potentielle, ou décrite en ces termes”. Existerait-il donc plusieurs types de douleurs ? Attention, nous ne questionnons pas la réalité de la douleur, mais bien son origine, tissulaire (musculaire, tendineuse ligamentaire…) ou non. Une douleur, quelle qu’elle soit, est bien réelle, nous ne pouvons plus entendre qu’une douleur “est dans la tête”, la réalité est bien plus complexe.

Nous parlons souvent de douleurs aiguës, ou chroniques, les recherches en neuroscience ont quant à elles catégorisées la douleur en trois grandes catégories.

Douleur nociceptive

La nociception(2) s’apparente à la douleur que l’on pense la plus répandue. Ici une lésion tissulaire est avérée, observable, la douleur est précise, palpable et reproductible. En général, ce type de douleur répond bien aux anti-inflammatoires.

Nous parlons souvent de douleurs aigües, essentielles à la protection de l’organisme, bien que de nombreuses lésions tissulaires peuvent survenir sans expression de douleur nociceptive.

Exemple de douleurs nociceptives

Entorses

Déchirure musculaire / claquage

Fractures

Tendinopathies / Tendinites.

Rôle de votre ostéopathe

Au centre ostéo de Lyon 7, nous évaluons la gravité de l’atteinte tissulaire potentielle en effectuant une succession de tests orthopédiques. Si ces tests montrent leur limite en termes de spécificité et de précision, nous vous conseillons de consulter votre médecin traitant, afin d’effectuer de plus amples investigations médicales. Lors d’une crise nociceptive aiguë, nous pouvons aider à diminuer le spasme neuro-musculaire autour de la zone touchée, mobiliser les articulations périphériques à cette zone dans le but d’améliorer la réaction de défense, ainsi qu’aider au drainage d’un potentiel oedème. Une douleur nociceptive peut cependant persister après la séance, selon la gravité de l’atteinte tissulaire. L’ostéopathe se doit ici de vous accompagner en vous indiquant la meilleure marche à suivre, que ce soit une mobilisation progressive, une immobilisation temporaire ou vous conseiller de consulter un spécialiste.

Douleur neurogène

Les douleurs neurogènes ou neuropathiques(3) sont généralement plus étendues, elles engendrent un perception de douleur à distance, pouvant être difficile à définir. Ces douleurs sont aiguës et paroxystiques (instantanées), elles dépendent généralement du mouvement ou des positions. Une perte sensitive ou motrice peut y être associée. En cas de perte motrice sévère nous vous conseillons de vous rendre aux urgences rapidement.

Exemples de douleurs neurogènes : 

Radiculopathie induite par une Hernie Discale 

Ostéophytes rachidiens (becs de perroquets)

Douleurs post opératoires

Neuropathie post herpétique

Rôle de votre Ostéopathe 

Notre équipe d’ostéopathes travaillant au centre de Lyon se doit d’effectuer une succession de tests afin d’étudier la gravité et l’origine potentielle de ces douleurs. Ces tests permettent à l’ostéo d’évaluer sa capacité de prise en charge et d’adapter ses techniques en fonction des résultats. Certaines manipulations peuvent vous être proposées afin d’améliorer vos symptômes. Dans certains cas, l’ostéo se verra contraint de vous inviter à consulter votre médecin traitant ou autres spécialistes.

Douleur nociplastique

La douleur nociplastique(4), autrefois appelée douleur “centrale” est souvent associée aux douleurs chroniques de par son action dans le temps, généralement d’une durée supérieur à trois mois(5). Ces douleurs s’inscrivent parfois après un traumatisme tissulaire, un choc émotionnel, un état psychique ou social complexe. Ici la douleur est bien réelle, mais est difficilement reproductible et définissable, et s’étend sur un territoire vague et diffus. Elle correspond à un abaissement du seuil de douleur imposé par notre système nerveux. Les douleurs ressenties sont alors souvent disproportionnées et vagues. Attention, nous ne disons pas ici que ces douleurs sont sans importance et irréelles ! Bien au contraire, la complexité de ce type de douleur peut plonger la personne souffrante dans différentes mal-adaptations, croyances, rejet de la médecine (car encore peu à l’écoute et peu efficace !) induisant une perte progressive d’autonomie. Les patient.es souffrant de douleurs nociplastiques se sentent souvent incompris.es, rejetées tant médicalement que socialement ou dans leur environnement professionnel. 

Exemples de douleurs nociplastiques

Fibromyalgie

Colopathie fonctionnelle

Certaines douleurs pendant la grossesse

Algodystrophie

Rôle de l’ostéopathe

La prise en charge ostéopathique des douleurs nociceptives s’inscrit pleinement dans le modèle biopsychosocial de la médecine moderne. Votre ostéopathe au centre Lyon 7 est présent.e pour vous aider à définir votre douleur, et vous accompagner dans sa prise en charge. Nous discutons généralement de l’origine tant tissulaire qu’émotionnelle de ces sensations afin de vous proposer une réappropriation somatique par le biais de différentes manipulations, mais aussi en vous proposant des techniques d’autonomisation. Nous pouvons travailler sur la respiration, des exercices de cohérence cardiaque, ou simplement des exercices de mobilisation autonomes vous permettant de reprendre contrôle sur votre douleur. Une prise en charge pluridisciplinaire peut vous être proposée si nécessaire, en alliant par exemple psychothérapie, séances d’hypnose/EMDR, sophrologie avec un suivi ostéopathique.

Conclusion ?

Difficile de conclure en vue de l’évolution constante des compréhensions de la ou “des douleurs”. Ces trois catégories ne sont pas indissociables, elles peuvent s’interconnecter. Une douleur nociceptive peut engendrer une douleur nociplastique ou neuropathique. Retenons l’influence de notre environnement socio-professionnel, l’influence de nos émotions et de nos croyances sur l’expression de la douleur, tous ces éléments, si bien analysés et compris nous permettent de reprendre un peu de contrôle sur nos perceptions, savoir c’est pouvoir !

Un grand merci à l’équipe du CFPCO, Laurent et Erwann Fabre pour leur travail de recherche dans ce domaine. 

Références

1 – Kyle Vader et. al 2021 – La définition révisée de la douleur de l’IASP et les notes complémentaires : les considérations pour la profession de la physiothérapie, Spring.

2 – Scott A. Armstrong et. al. 2022 – Physiology, Nociception. Spring.

3 – Nanna Brix Finnerup et.al 2021 Neuropathic Pain: From Mechanisms to Treatment, Physiol Rev.

4- Mary-Ann Fitzcharles et. al 2021 – Nociplastic pain: towards an understanding of prevalent pain conditions,

5 – Jo Nijs, et.al 2021 Nociplastic Pain Criteria or Recognition of Central Sensitization? Pain Phenotyping in the Past, Present and Future.

Article rédigé par Ionn Petit, Ostéopathe D.O à Lyon.